SUD Education Réunion
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Brèves
Journal de la fédé
mercredi 3 février
L’arbre qui cache la forêt.
 
Comité national contre la privatisation de La Poste pour un débat public et un référendum sur le service public postal
mardi 10 novembre

- Déclaration sur le passage du projet de loi de privatisation au sénat
- Prochaines étapes de l’action contre la privatisation de La Poste, pour le débat public et un référendum sur le service public postal.

La motion référendaire tendant à proposer au Président de la république de soumettre au référendum le texte de loi postale a été rejetée par les sénateurs lors de la session du 4 novembre 2009 à 184 voix contre et 153 pour.

Ce rejet témoigne du peu de cas qui est fait des 2,3 millions de voix qui se sont exprimées lors de la votation citoyenne sur le devenir de La Poste.

Ce déni de l’expression populaire se manifeste aussi par la volonté du gouvernement de couper court à tout débat en ayant recours à la procédure accélérée pour examiner ce projet de loi et au scrutin public, qui permet à la droite de faire passer des amendements tout en désertant les bancs du Sénat.

Le comité national :
- demande la levée de la procédure d’urgence sur un projet de loi de la plus haute importance pour le service public
- Le retrait du projet de loi
- exige la tenue d’un débat public sur le devenir de La Poste
- appelle à la poursuite et au développement de la mobilisation citoyenne autour de la campagne « j’écris au Président » tout au long du mois de novembre afin que des millions de cartes demandant un référendum soient envoyées à l’Elysée, et à la multiplication des initiatives et débats publics au niveau local
- appelle à une journée nationale de manifestations décentralisées et de mobilisations citoyennes le 28 novembre 2009.

contacts : 06 08 64 77 17 – 06 85 76 20 91 – 06 81 15 04 33 06 80 35 69 53 http://www.appelpourlaposte.fr

 
La mode est au cynisme
samedi 3 octobre
Le 15 septembre 2009, Didier Lombard, patron de France Telecom, affirmait à la sortie d’un entretien avec Darcos : " Il faut mettre un point d’arrêt à cette mode du suicide qui, évidemment, choque tout le monde. " Façon de rendre anodins des passages à l’acte désespérés, de les inscrire au même titre que la mode, dans une pulsion immotivée, consommatrice de l’air du temps. Or, à y regarder de plus près, c’est plutôt M. Lombart qui suit une tendance bien actuelle, celle d’un cynisme occultant une évidence : ce sont les nouvelles formes d’organisation du travail qui provoquent la souffrance des salariés. L’isolement, la surcharge de travail, l’exigence de rapidité, les procédures de plus en plus contraignantes font perdre le sens de ce qui autrefois était un métier et devient une tâche dont la seule règle est le "chacun pour soi". Comment s’étonner alors que les Postiers ne veuillent pas suivre le même chemin que leurs ex-collègues de France Telecom ?
 
Des réformes et des projets contre le service public d’Éducation
mercredi 23 septembre
En restant intentionnellement vague dans les objectifs poursuivis dans l’expérimentation d’une réforme des lycées, le gouvernement cherche à éviter une riposte de la profession, des lycéens et des parents. Mais il ne faut pas s’y tromper. L’attaque est historique car elle remet en cause l’idée d’un enseignement public de qualité et égal pour tous au profit de conceptions ultra droitières de l’éducation. Face à une telle détermination, les personnels ne peuvent pas se contenter de rester sur la défensive. SUD Éducation continuera de porter des propositions pour un lycée démocratique, solidaire et égalitaire. Mais pour faire reculer ce gouvernement il faut développer toutes les formes de résistance dans la perspective de construire avec les AG des personnels en lutte la nécessaire grève générale de la maternelle à l’université.
 
La barbarie douce
dimanche 6 décembre 2009
par SUD Education Réunion
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L’autoritarisme de grand-papa n’est plus ce qu’il était. A mesure que l’autonomie des EPLE et des universités s’affirme, on voit se développer une nouvelle façon de « manager » les établissements. Cette « idéologie managériale » s’appuie sur une rhétorique inédite et déstabilisante pour les personnels de l’Education nationale jusque là relativement protégés. Elle s’accompagne d’une dégradation des rapports humains et accroît la souffrance au travail. Elle a la prétention d’être plus performante ; elle s’apparente pourtant à ce que le sociologue Jean-Pierre Le Goff nomme la « Barbarie douce ».

La « Barbarie douce » en appelle à une sorte de révolution permanente, impliquant un bouleversement incessant de nos façons de vivre, d’agir et de penser. Dans leur vie personnelle et professionnelle, les enseignants se trouvent constamment incités à faire preuve d’« autonomie » et de « responsabilité », ils se doivent d’être « motivés », « réactifs », « participatifs ». Leur « motivation » et leur « savoir-être » qui relevaient antérieurement de leur vie privée ou de leurs libres activités sociales se trouvent eux aussi soumis à évaluation et « mobilisation ». Le thème de l’autonomie est mis en avant dans une optique sacrificielle visant l’acceptation de l’intensification du travail et l’intériorisation de nouvelles normes. On mettra tout en œuvre pour recueillir une parole qui soit le signe de l’assentiment de l’enseignant. Le discours sur l’« autodiscipline », et les sortes d’« autocritiques » (Oups ! « Evaluation formative » ndlr) qu’on peut demander marquent cette recherche d’une synthèse. Chaque prof est invité à être l’« acteur de son propre changement », portant sur ses épaules le poids d’une responsabilité étrange et difficile à assumer.

Peut-on se révolter contre l’ « autonomie », contre la « transparence » et la « convivialité », valeurs de plus en plus développées dans les projets d’établissements et dans les discours des « responsables » de tous poils ? Que faire face à des pouvoirs et à des institutions qui ne cessent de dire et de répéter qu’ils ne sont là que pour prendre acte et pour répondre au mieux à la « demande sociale » et aux « besoins » des individus ?

Le syndicalisme enseignant rencontre les pires difficultés pour combattre le caractère insidieux de cette propagande qui se diffuse dans la société en général et à l’école en particulier. Il n’y a (plus) que des « acteurs » impliqués dans des stratégies tellement « citoyennes » qu’elles n’ont plus rien de civique. Si bien que faute de reconnaître l’autonomie du subjectif et l’authenticité qu’elle suppose, il n’existe finalement plus de sujets. Car une telle existence impliquerait des interrogations sur l’assujettissement, c’est-à-dire précisément ce sur quoi la « Barbarie douce » opère un masquage qui est d’autant plus accentué qu’une certaine douceur prévaut (tout du moins dans le discours).

Le syndicalisme traditionnel se retrouve donc coincé et réduit au silence car il est bien difficile d’argumenter contre une logique qui individualise au nom du collectif. Ce type d’injonctions contradictoires est symptomatique d’une névrose sociétale et aboutit finalement à ce que N. Elias nommait « la société des individus » (laquelle société, bien sur, n’en est plus une car le lien social a bien du mal à se construire sur la base d’intérêts individuels). L’école, à l’image de la société, inaugure ainsi une forme d’anti-culture où la seule valeur reliant les individus est la croyance commune en l’individualisme égoïste.

Bien entendu, l’argument principal de cette « Barbarie douce » est la démagogie assénée un peu partout dans les médias et dans les discours des « responsables » politiques à base d’arguments réputés incontestables. La conséquence majeure de ce processus novateur est d’avoir fragilisé à l’extrême le syndicalisme enseignant. Celui-ci ne parvient plus à lutter efficacement et le gouvernement peut alors poursuivre tranquillement son travail de démolition du service public d’éducation. Aujourd’hui nous constatons que les formes traditionnelles de lutte (comme la manif) et les outils intellectuels de lutte (comme le marxisme) sont de moins en moins adaptés pour aborder le XXIème siècle et la révolution libérale.

Les libéraux sont en passe de gagner leur « révolution culturelle », le syndicalisme enseignant doit participer de toute urgence à l’élaboration d’une contre culture et à la construction d’un véritable front populaire antilibéral.

Le projet de SUD Education est de résister à ce processus d’individualisation. En pratiquant un syndicalisme autogestionnaire, et en prônant l’auto-organisation des luttes nous invitons tous les personnels de l’Education Nationale, les parents d’élèves, les lycéens, les étudiants, a entrer dans une résistance collective contre cette politique inique qui consiste à isoler les individus pour mieux les contraindre (et qui a pour nom, soit dit en passant, libéralisme économique !)